2026-05-15
Le contrat d'apprentissage en France : quelles tendances et évolutions au XXIe siècle ?
Jérémy Hervelin, Meryl Merran
L'article analyse les transformations de l'apprentissage en France sur la période 2000-2023, à partir de données administratives exhaustives. L'objectif central est de replacer la massification récente dans une perspective de long terme, en questionnant l'idée d'une rupture nette provoquée par la réforme de 2018.
Les auteurs montrent que la croissance spectaculaire des effectifs — franchissant le seuil du million de contrats en 2023 — s'inscrit dans des tendances structurelles engagées bien avant la réforme. L'élévation du niveau de diplôme, le vieillissement progressif des publics et leur féminisation partielle sont des dynamiques continues depuis plusieurs décennies. La réforme a surtout joué un rôle d'accélérateur, amplifiant des évolutions préexistantes.
Du côté des entreprises formatrices, leur nombre a plus que doublé après 2017, principalement sous l'effet des incitations financières. Cet élargissement reste toutefois extensif : il repose sur l'entrée massive de micro-entreprises, sans diversifier réellement le tissu sectoriel. L'offre de CFA a connu une explosion similaire, renforçant les inégalités territoriales au détriment des zones les moins denses.
Les auteurs examinent enfin le taux de rupture des contrats comme révélateur des tensions produites par cette massification. Environ un tiers des contrats sont rompus avant leur terme, avec une hausse particulièrement marquée dans l'enseignement supérieur après 2018. Les résultats mettent ainsi en évidence un arbitrage central : si la massification a élargi l'accès à l'apprentissage, elle s'est accompagnée d'une dégradation de la qualité des appariements et de nouvelles fragilités institutionnelles.
Les auteurs montrent que la croissance spectaculaire des effectifs — franchissant le seuil du million de contrats en 2023 — s'inscrit dans des tendances structurelles engagées bien avant la réforme. L'élévation du niveau de diplôme, le vieillissement progressif des publics et leur féminisation partielle sont des dynamiques continues depuis plusieurs décennies. La réforme a surtout joué un rôle d'accélérateur, amplifiant des évolutions préexistantes.
Du côté des entreprises formatrices, leur nombre a plus que doublé après 2017, principalement sous l'effet des incitations financières. Cet élargissement reste toutefois extensif : il repose sur l'entrée massive de micro-entreprises, sans diversifier réellement le tissu sectoriel. L'offre de CFA a connu une explosion similaire, renforçant les inégalités territoriales au détriment des zones les moins denses.
Les auteurs examinent enfin le taux de rupture des contrats comme révélateur des tensions produites par cette massification. Environ un tiers des contrats sont rompus avant leur terme, avec une hausse particulièrement marquée dans l'enseignement supérieur après 2018. Les résultats mettent ainsi en évidence un arbitrage central : si la massification a élargi l'accès à l'apprentissage, elle s'est accompagnée d'une dégradation de la qualité des appariements et de nouvelles fragilités institutionnelles.


